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 Chaque pays a sa folie. La Bretagne les a toutes. (pv)

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MessageSujet: Chaque pays a sa folie. La Bretagne les a toutes. (pv)   Jeu 14 Déc - 23:56

Héctor avait passé les premières heures de son arrivée dans le monde des vivants à s'évanouir dès qu'il tentait de faire un mouvement, aussi infime fut-il. Il était passé relativement inaperçu dans l'espèce de terrain vague, dissimulé derrière un tas d'ordures qui s'était fait au fil des années, où Mictlantecuhtli l'avait laissé. Retrouver un corps humain et les sensations qui l'accompagnaient n'avait rien d'agréable du tout. Entre deux pertes de connaissances il avait réussit à se traîner sur moins d'un mètres tout en regrettant son échange sous le coup de la souffrance dans laquelle il se trouvait.
Durant les heures suivantes il avait redécouvert la faim, la soif, le froid et toutes ces choses qu'il avait eut largement le temps d'oublier en presque cent ans de décès. Les pires s'alternaient. D'abord ce fut d'abord la douleur qui engourdissait son esprit, lançait des chocs dans ses membres et remontait le long de ses nerfs. Il n'arrivait pas à former une pensée correct dans son esprit, se trouvait réduit à balbutier des mots sans aucun sens en pensant y trouver une certaine forme de soulagement. La faim arriva un peu plus tard, quand il parvint à rester conscient pour plus que quelques minutes. Elle lui rongeait l'estomac, tirait et hurlait à l'intérieur. Il ne s'était jamais sentit aussi creux et pourtant il avait passé un bon nombre d'années sous l'apparence d'un tas d'os. Héctor avait passé la première journée de sa nouvelle vie la tête dans la boue, dissimulé contre son gré sous un tas d'ordure. Il n'arrivait plus à savoir (et s'en fichait bien) s'il tombait dans les pommes à cause de la douleur bien trop forte pour qu'il ne puisse la supporter ou tout simplement parce qu'il oubliait de respirer.

Sa première nuit il l'a passé éveillé, à prétexter dormir. Il n'avait pas été capable de réellement se reposer mais jouer à faire semblant lui était apparue comme la meilleure des solutions sur l'instant présent. Puis il avait eut très froid. Ce trop plein de tout était beaucoup trop. Héctor ne savait pas si au fond le froid n'était pas une bonne chose puisqu'il engourdissait ses membres et lui faisait presque oublier ses os qui semblaient avoir prit feu à l'intérieur de lui. Arrivé un certain point, il décida de ne même plus essayer de penser ou réfléchir pour la nuit qui avait bien besoin de lui porter conseil.

Lorsque la douleur devint plus tolérable, il du se résigner à bouger. Ce fut bien plus compliqué que prévu et une fois de plus il en vint à regretter sa très squelettique apparence. La gravité (bien qu'il n'en ait qu'une vague notion, n'ayant jamais eut l'occasion de se pencher sur la question) lui semblait différente. Héctor n'y aurait pas mit sa main à couper (plus maintenant) mais il avait la nette impression que passer de l'état d'être vivant à celui de squelette avait été bien plus simple. Ou alors ça remontait à trop loin. Chaque geste lui demandait un effort considérable, les horribles élancements et chocs divers mis de côté. Il était lourd et pataud et ne contrôlait pas son corps avec la même aisance qu'avant. Lui qui avait prit l'habitude de se démanteler comme bon lui semblait, c'était à peine s'il arrivait à supporter son poids. Il n'y arriva d'ailleurs pas et s'écroula au sol après s'être appuyé sur sa mauvaise jambe.

Si Héctor était bien doté d'une qualité, c'était la persévérance. Arrivé un certain moment, il parvint à se déplacer à peu près correctement et la découverte de son nouvel environnement pouvait enfin commencer. Pas une seule seconde il ne se soucia de son état général et entreprit sa petite épopée pieds-nus, en haillon et couvert d'une impressionnante couche de crasse. Il ne s'étonna pas que la ville ne lui dise rien du tout. Le Mexique était un grand pays et avait eut le temps de changer depuis qu'il était mort. Sur les terres des anciens des architectures et technologies de différentes époques et générations se coutoyaient sans aucune transition. Il avait apprit à voir apparaître des choses étrangers qu'il ne comprenait pas et à s'en accoutumer quand il ne s'y intéressait pas.

Son premier objectif était de retrouver le centre-ville et dénicher une bonne âme pour lui réclamer son chemin. La suite se ferait à l'improvisation.

Le marché était bruyant. Les passants se bousculaient aux stands et les chariots s'entrechoquaient régulièrement. Pourtant la foule se séparait avec soin pour éviter l'étranger qui s'égosillait avec de grands gestes au beau milieu des vendeurs de fruits et légumes. Entre le moment ou il avait quitté son espèce de squatte et l'instant présent il avait eut le temps de se faire renverser par une voiture (le capot avait plus souffert que lui au final), s'était fait rabrouer plus de fois qu'il ne pouvait compter et poursuivre par les forces de l'ordre deux fois. Il avait à chaque fois réussit à les semer non pas par une éventuelle aisance subitement acquise à se déplacer, mais en allant se cacher dans des endroits aussi improbable qu'ingénieux. Il avait quand même un peu regretté son choix pour les égouts.
Héctor avait vite réalisé qu'il était invisible ici. Personne ne le regardait vraiment dans les yeux, on l'évitait poliment et on observait ses pieds avec intérêt en passant devant lui. Les plus odieux lui lançaient un regard courroucé qui le rassurait. Il était bien là. Le  mort-vivant s'était vite rendu compte que ce n'était pas le Mexique, ici. Ou alors en quelques années il avait eut le temps de changer de langue nationale, de drapeau et de biens des coutumes. Et était peuplé de gringos. Les questions continuaient de pleuvoir sur lui et il n'arrivait à rien.

Une femme eut le malheur de croiser son regard avant de baisser prestement les yeux. Dans un élan désespéré Héctor s’élança vers elle en continuant de parler fort et de sa voix qui portait. Il lui attrapa le bras sans réfléchir, espérant capter de nouveau son attention. Son monologue était toujours le même, il parlait vite comme s'il craignait que le temps ne lui manque, de tout et n'importe quoi. A chaque nouvelle question ponctuait la précédente, il réclamait un peu de nourriture et de la pitié entre le nom de la ville et du pays. A défaut de celle de la femme, il capta l'attention d'une tierce personne qui, probablement pour protéger sa belle, l'envoya valser un peu plus loin d'un coup de poing maladroit mais énergique. Héctor perdit vite l'équilibre qu'il avait déjà précaire et s'écroula à moitié sur une demoiselle qu'il n'avait pas vu un peu plus tôt. Il s'excusa à peine, un peu sonné par la douleur qui refaisait surface mais prêt à se relever de nouveau.


Dernière édition par Héctor de Tal le Ven 15 Déc - 1:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Chaque pays a sa folie. La Bretagne les a toutes. (pv)   Ven 15 Déc - 1:11

Voilà à peine une semaine que Terika trainait dans le royaume de Caamelot. Bien entendu elle ne savait absolument pas le nom du pays dans lequel elle se trouvait sinon elle se serait empressée de repasser la frontière dans l’autre sens. Ces derniers jours elle avait surtout essayé de mettre le plus de distance possible entre elle et une certaine bande de vikings qui avaient décidé d’en faire une esclave. Elle ne se rappelait d’ailleurs plus bien combien de temps elle était restée en captivité.
Cela faisait à présent moins d’une semaine qu’elle s’était arrêté dans un village et avait décidé d’y rester pour quelques temps afin d’aviser. Elle n’avait pas trop de soucis à se faire pour ce qui était de la nourriture, elle avait réussi – elle ne savait trop comment- un sort qui lui permettait de passer inaperçu, rien de folichon, mais à moins que quelqu’un ne soit décidé à la voir, le regard des gens lui glissaient simplement dessus. Elle avait pour habitude de traîner autour de la place du marché le midi et pour peu qu’elle fasse attention, elle avait simplement à se servir dans les stands pour se trouver à manger.
Son premier larcin en arrivant avait été pour se procurer des vêtements. Avec les haillons qu’elle portait et l’odeur qui s’en dégageait après plusieurs jours de route elle n’aurait passé aperçu nulle-part, elle dénotait même dans les quartiers les plus pauvres de la ville. Elle avait attendu la nuit pour se faufiler dans un jardin où l’on avait laissé le linge à sécher et avait commis son larcin : une robe noire de coton simple mais un peu large qui lui descendait jusqu’au genou, un manteau en cuir fourré qui lui tiendrait chaud le soir venu et une paire de chaussettes en laine. De son ancien accoutrement elle ne gardait que ses grosses bottines de cuir marron qui étaient de toute façon assez passe-partout.
Elle passait donc ses journées au marché à voler sa nourriture et écouter ce qu’il s’y disait afin d’en apprendre plus sur ce nouvel univers et le soir elle se retirait dans un vieil entrepôt un peu à l’écart du village qui sentait le cochon mais qui avait au moins pour avantage d’être abandonné.
Un nouveau matin avait pointé le bout de son nez et après s’être lavée à une rivière qui coulait non loin (l’odeur du porc n’aidant pas à passer inaperçu au milieu d’une foule) elle s’était dirigé vers le village plus par habitude que parce qu’elle pensait vraiment qu’elle allait y recueillir des informations précieuse. Elle grignotait une demi-miche de pain de seigle avec un morceau de lard et marchait au milieu de la foule. Cela faisait maintenant deux voire trois semaines qu’elle était arrivée dans ce monde étrange à la recherche de son frère et n’avait aucun indice de l’endroit où il pouvait se trouver. En revanche elle avait été malmenée, battue, traitée comme du bétail et d’autre… Sa maison lui manquait, la chaleur des bras de sa mère lui manquaient, les yeux rieurs de son père lui manquaient… Elle se serait coupé un bras pour un lit avec sommier et matelas et la jambe pour un bon bain chaud (elle avait bien essayé de chauffer l’eau de la rivière mais cela avait eu l’effet inverse et elle s’était retrouvée piégée dans la glace jusqu’à mi-cuisse). Elle se demandait si elle ne ferait pas mieux de tout laisser tomber et rentrer chez elle. Elle savait que sa mère l’accueillerait avec tout l’amour dont elle était capable, en 314 ans les deux femmes n’avaient jamais été séparées aussi longtemps. En plein dans ses pensées elle fut dérangée par des éclats de voix sur sa gauche. Un homme en loques était en train de tirer le bras à une jeune femme en l’assaillant de questions avec des yeux fous. Il était complètement paumé et affamé. Terika senti que si elle voulait continuer à se fondre dans la foule tel un fantôme elle avait plutôt intérêt à s’éloigner de cet homme bruyant et qui n’avait plus toute sa tête. Mais trop tard, un coup de poing bien placé de la part d’un homme qui devait être le cher-et-tendre de la belle qu’il était en train de harceler l’envoya valdinguer en plein dans Terika. Son pain et son lard volèrent dans la poussière et les passants qui s’avançaient pour voir la raison de tout ce tapage eurent vite fait de les piétiner.

- ¡Cuidado estupido! dit-elle par automatisme en le repoussant brusquement.

Son déjeuner avait fini sous les chaussures terreuses de la foule mais surtout, elle était au centre de tous les regards ce qu’elle essayait désespérément d’éviter. Bien que ce ne fut pas directement la faute du mendiant elle l’aurait bien giflé si cela n’avait pas risqué d’attirer encore plus l’attention de ceux qui l’entouraient. Lançant un dernier regard noir au responsable de l’agitation elle se retourna pour tenter de se frayer un chemin dans le mur de personnes qui s’était à présent formé autour d’eux.
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MessageSujet: Re: Chaque pays a sa folie. La Bretagne les a toutes. (pv)   Mar 19 Déc - 2:13

L'attention d'Héctor fut plus interpellée par le pain et le lard qui s'envolèrent vers une destinée tragique que par la demoiselle qui les avait eut entre les mains quelques secondes plus tôt. Il esquissa un mouvement vers eux qui se termina par une chute en bonne et due forme lorsqu'il se fit rudement dégager. Avoir le nez dans la poussière était le dernier de ses soucis à l'heure actuelle. Son potentiel repas se faisait piétiner sans aucun remord par une foule trop pressée mais il en fallait bien plus pour lui couper l'appétit. Sans prendre garde à la douleur qui le tiraillait encore il tendit le bras vers le pain qui lui semblait toujours aussi appétissant et s'arrêta dans son mouvement en réalisant les deux mots que venait de dire la señorita. Il crut que son coeur venait de louper un battement. Il n'était même pas tout à fait sûr que son coeur batte.

¿Eh...? ¡Espera! Héctor referma la main sur le pain, loin de souhaiter abandonner un potentiel déjeuner, avant de se lever avec difficulté. ¡Espérame! La douleur était devenue secondaire. Il parvint à faire trois grandes enjambées en une vitesse record. Héctor ne s'était jamais déplacé aussi vite depuis son arrivé dans le monde des vivants. A la quatrième il manqua de trébucher mais sa main se referma sur le poignet fin de la fille qui venait de parler. Il la tira vers lui pour la stoper, un peu trop brusquement. ¡No te vayas, por favor güey!

On s'écartait autour d'eux sans pour autant passer son chemin. La plupart des badauds étaient curieux de voir comment cette confrontation allait se terminer. La demoiselle dont il refusait toujours de lâcher le poignet reçu quelques regards pleins de désolation ou d'inquiétude. Mais personne ne daigna bouger pour venir l'aider. Au mieux la police ne tarderait pas à arriver et ils n'auraient pas à se mouiller. En attendant leur compassion était la seule arme qu'ils pouvaient lui donner.  
Héctor fut soudainement frappé par un éclair de lucidité et réalisa qu'il devait passer pour une espèce de fou furieux des plus dangereux. Sa voix se fit brusquement plus douce et calme. Ses yeux criaient le contraire et témoignait du mélange d'affolement et d'excitation qui le prenaient à la gorge. Discúlpame señorita. Il lui offrit un sourire maladroit, découvrant quelques dents qui n'étaient plus très blanches. J'ai juste quelques questions. Je vais pas t'embêter longtemps, promis. Héctor prenait sur lui pour ne pas lui vomir questions sur questions et dévorer le pain qu'il avait dans l'autre main tout de suite et sur le champs. ¿Sabes dónde estamos? Une longue plainte venant de son estomac ponctua sa phrase. Il ne cilla même pas, continuant de sourire d'un air un poil crispé à la jeune fille qu'il avait face à lui. Héctor avait légèrement desserré son étreinte autour de son poignet mais il n'était pas encore prêt pour la lâcher. Il craignait qu'elle ne s'évapore. Elle était la seule jusqu'à maintenant qui s'était montré capable de communiquer avec lui. Héctor n'aurait su dire si elle venait d'ici où non mais dans tout les cas elle semblait un minimum intégrée. Plus intégré que lui. C'était l'essentiel. Il était désespéré de trouver un être humain avec qui parler sous peine de réellement terminer complètement barge. 


Dernière édition par Héctor de Tal le Mar 19 Déc - 13:48, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Chaque pays a sa folie. La Bretagne les a toutes. (pv)   Mar 19 Déc - 4:14

Terika ne prêtait déjà plus attention au mendiant qui se trouvait juste derrière elle mais qui aurait tout aussi bien se trouver pu à des kilomètres. Une ouverture commençait à se former entre les curieux et elle comptait bien l’utiliser comme porte de sortie et mettre autant de distance que possible entre elle et ce remue-ménage. Elle s’y faufilait déjà quand elle sentit une main se refermer sur son poignet et la couper net dans son élan. On l’avait tiré en arrière avec une telle brusquerie qu’elle faillit perdre l’équilibre mais réussi à se stabiliser de justesse. Les intonations chantantes de la langue espagnole lui parvint jusqu’aux oreilles. Quand elle tourna la tête vers son agresseur, les foudres de Zeus auraient tout aussi bien pu descendre des cieux pour foudroyer la place du marché que ce n’aurait pas été aussi impressionnant que les éclairs qui sortaient de ses yeux dirigés droit sur le Latino. Elle allait répliquer avec toute l’animosité dont elle était capable mais se retint à la dernière minute, réalisant que tous les yeux étaient à présent posés sur elle. Faire une scène en plein milieu de la place ne ferait que ruiner ses chances de reproduire ses petits larçins quotidiens à tout jamais. On se souviendrait d’elle, on la pointerait du doigt, mimiquerait certains des échanges âpres dont on aurait été témoins à chacun de ses passages devant un stand. Adieu anonymat, adieu nourriture. Il ne lui resterait plus qu’à changer de village.

Il lui fallut un effort surhumain pour se calmer, les regards de pitié apathique –ces regards traduisibles par « je n’aimerai vraiment pas être à ta place mais ne compte pas sur moi pour t’aider » ceux-là que tu croises régulièrement dans le métro alors qu’un relou de type A vient de te prendre pour victime - n’aidant pas à apaiser ses pulsions destructrices. Avec force de persévérance elle fit le vide dans sa tête alors que l’étranger continuait à l’assaillir de questions. Il était complètement dépenaillé, ses vêtements étaient plus troués que du gruyère et pour ce qui était du tissu qui restait, presque toute sa surface était tâchée. Il faisait assez pitié à voir avec son sourire de travers et ses grands yeux plein d’espoir, représenté en la personne de Terika. Il fut interrompu par la longue plainte de son estomac. Son repas devait remonter au moins au siècle dernier si on en croyait les pleurs de son ventre affamé. Elle nota le pain poussiéreux et aplati qu’il tenait dans sa main, celle qui n’était pas agrippée à son poignet. Ce pain qui quelques minutes plutôt était encore tout chaud sorti du four et qu’elle savourait accompagné du lard qui lui aussi avait fini par rencontrer la même fin tragique, écrasé entre la saleté des semelles des passants et les pavés crasseux de la place. De sa main libre elle tapa dans le pain de l’étranger avec une moue dégoûtée pour le forcer à le lâcher.

- ¡ Vale ! déclara-t-elle d’un ton sec. ¡ sígueme !

Elle ne lui laissa pas le temps de contester ses directives et lui attrapa à son tour le poignet pour le tirer vivement derrière elle. Elle ne se gêna d’ailleurs pas pour jouer des coudes afin d’écarter les badauds et lancer des « dégagez, le spectacle est terminé » aux plus persistants d’entre eux. Elle traîna jusqu’à un coin tranquille dans une rue adjacente qui avait le mérite de ne pas être visible de la place.

- ¿Qué quieres? demanda-t-elle froidement en croisant les bras.
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MessageSujet: Re: Chaque pays a sa folie. La Bretagne les a toutes. (pv)   Mar 19 Déc - 15:56


Héctor nota le regard de la jeune fille tomber sur le pain qu'il tenait entre les mains. Le même pain qu'elle aurait pu être en train de manger s'il ne l'avait pas dérangé. Il se sentit terriblement coupable pendant une demi seconde et dans un effort de bienveillance et preuve de bonne foi il esquissa un micro mouvement vers elle, lui tendant brièvement la précieuse nourriture. La seconde suivante, le pain roulait de nouveau par terre, loin de lui. Il entendit presque son coeur se briser et tomber en morceau entre ses côtes. Le mort jeta un coup d'oeil effaré à son repas, entamant un pas vers lui. Il se pencha pour le récupérer et était bien à deux doigts de s'en emparer mais fut à son tour vivement tiré en avant. Le bras toujours tendu en avant il fut bien contraint de faire ses adieux à son premier repas depuis trop longtemps. Mais il n'était pas vraiment en position d'avoir des exigences. De toute façon il se faisait déjà sèchement traîner plus loin. Comme une poupée de chiffon bien trop lourde, Héctor se laissa traîner par le bras. Il n'émit qu'un grognement de douleur qui aurait pu être confondu pour un renâclement de tristesse vis à vis du pain.

Avec quelques difficultés Héctor se remit sur ses pieds. Il se faisait tirer plus qu'il ne la suivant, clopin-clopan en essayant de rester debout. Elle se frayait un chemin à coups de coude entre les passants déçus de voir l'animation du samedi midi s'enfuir, les dégageants de son passage avait qu'ils n'aient le temps de réagir. Héctor siffla quelques excuses à peine articulées Lamento muchísimo... L'humeur avait changée et maintenant la populace du marché semblait tout autant incommodée par cette petite pisseuse aux manières trop brutales.Un enfant (quoiqu'un peu grand) manqua de valdinguer au sol après que la jeune fille l'ait écarté de son chemin.¡Lo siento mucho! Il du s'imaginer plus insulté qu'autre chose car après avoir lancé un drôle de regard à Héctor, il fila sans demander son reste.

Une fois à l'écart Héctor eut le temps de reprendre un souffle qu'il n'avait pas perdu, s'appuyant contre le mur de pierres. Il retrouvait ses marques et reposait sa jambe qui lui envoyait des chocs électriques en signe de protestation. Sa poitrine se soulevait à une cadence régulière, rythmée par des respirations courtes et rapides qui sonnaient plus comme des halètements. La douleur dans son flanc se faisait beaucoup plus vive et pinçante. Il accorda quand même un sourire à la demoiselle, dissimulant sa déception de ne pas avoir été traîné à l'abris. Chez elle. Autour d'une table. Soy-Hola, soy Héctor. Mucho gusto. Il respirait déjà plus facilement. Héctor lui tendit une main crasseuse et enchaîna avec une question. Tu peux me dire où on est ici, jetonita? Comment on rejoint le Mexique? Il attrapa la main de la fille pour la lui serrer, plus délicat que lorsqu'il lui avait prit le poignet plus tôt. ¿Donde vives? ¿Está lejos? Il prit enfin le temps de l'observer un peu plus. Sans connaître les coutumes de ce pays il conclut rapidement qu'elle devait faire parti de la plebe. Elle était à peine vêtue alors qu'il faisait terriblement froid. Héctor lui envia ses bottes pendant un bref instant. Le pain était maintenant loin dans son esprit et sous les pieds des passants. Il avait lâché la main de la demoiselle pour poser tenir son ventre avec son bras sans vraiment y faire attention.
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